06/05/2008

Chronique mai 2008

 

 

 

 

 

Devenir centre du monde c’est entrer dans le monde de l’énergie et du mouvement perpétuel et non dans celui de l’enfermement égoïste au centre d’une coquille habitée par soi-même.

 

Rendu fou par cette coquille qui pèse tellement lourd, l’homme agressif, faussement protégé par murs et murailles ne peut que survivre (et encore !) dans la peur et la crainte de l’autre, cet autre qu’il perçoit sans cesse comme « l’ennemi ».

 

Le jiu-jitsu va permettre, par son étude infinie des mouvements qui deviennent de plus en plus simples, de plus en plus naturels, de contrôler l’énergie qui nous habite tout autant que celle qui s’échappe de celui qui avance avec l’apparente intention de tout écraser, tout dominer, voire nous nuire. Cet agresseur est plein d’énergie vindicative, revendications dont il ne sait que faire, un trop plein d’énergie refoulée. Seule la destruction de l’objet de sa haine pourrait le calmer pense-t-il, mais il n’est même pas capable de définir cet objet.

 

Jiu-Jitsu nous apprend à être ce centre d’énergie que nous allons utiliser pour mieux vivre, et le cas malheureux échéant, « nous en sortir d’une mauvaise passe ». Il n’y a rien de mystérieux à cela et chacun peut utiliser un peu de connaissance du jiu-jitsu pour l’utiliser en « self-défense », nos organes et nos facultés mentales fonctionnent 24h/24 pourquoi donc ne pourrions nous pas les employer à notre profit, les mobiliser si besoin est.

 

Le savoir-vivre et les règles d’étiquette d’une société se doivent d’être appliqués par les personnes qui vivent au sein de celle-ci. Si l’une d’entre elle transgresse la règle, le jiu-jitsu doit nous permettre de remettre les choses « en ordre » sans volonté de détruire. Pour y réussir, aucune tricherie n’est permise à l’entraînement, les randoris, les assauts, les exercices mille fois répétés sont le quotidien, on ne peut se soustraire à un partenaire trop vif ou au danger de l’arme réelle. (J’incite les professeurs et moniteurs à utiliser la main vide ou l’arme réelle et non des ersatz de bois travaillé ou de caoutchouc. C’est le mental qu’il faut dominer et non le bras armé qui n’est rien qu’une prothèse, une prolongation inutile).

 

Le jiu-jitsu traditionnel issu des arts martiaux japonais du XIXème siècle n’offre pas le recours trompeur de la fausse efficacité des coups brutaux frappés qui ne sont que spectacle de foire. Il permet simplement de vaincre (et non pas de gagner !), de dominer, de maîtriser.

 

 

Le jiu-jitsu traditionnel se détache des « ryu » (écoles), les styles de chacun importent peu, la règle en autodéfense sera à tous les degrés d’intervention de ressentir l’agresseur et non son attitude, l’agression.

Selon le niveau de celle-ci et la mise en danger réel de nous-mêmes ou d’autrui proche, notre comportement sera gouverné par l’idée de ne pas combattre. Terminer l’altercation quasi au moment de sa naissance.

Parade ou esquive, atémi de dissuasion si nécessaire, engagement d’une « clé » ou d’une projection, atémi avant de maîtriser un adversaire encore rétif, immobilisation et contrainte d’apaisement.

 

Ces principes sont ceux de l’homme civilisé en situation « ordinaire », il n’est pas ici question de combat pour ou contre les forces de l’ordre, de passe d’armes militaires : Les applications de jiu-jitsu en ces situations relèvent d’un autre enseignement et d’une autre philosophie.

 

Xian. (autres chroniques)

08:45 Écrit par Xian (Kyoshi Nihon Jitsu) dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour.

Je recherche l'adresse d'Ernie Clerk. C'est très important, ou qu'il m'envoie un mail.

Cordialement.

Merci.
Michel Dozsa.

Écrit par : Dozsa | 08/09/2008

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