23/04/2008

Simple communiqué

Simple communiqué

 

 

Les étonnants raccourcis dont s’émaillent sans cesse les textes des « francophones » de Belgique lorsqu’il s’agit de faits historiques finissent par ressembler à du négationnisme.

Lorsque l’on se pique de faire un « essai d’histoire du jiu-jitsu », il vaudrait mieux approfondir l’étude des sources et vérifier leur exactitude. Enfin, rien n’empêche de trouver quelques personnages « vivants » et, faisant abstraction des luttes tribales Flamands – Wallons, leur tenir une conversation souvenirs.

 

Ainsi, je pense qu’il est important pour les actuels pratiquants belges de jiu-jitsu de savoir que le développement de cet art martial s’est effectué d’abord à Bruxelles, où les premiers pratiquants furent les élèves des frères Minne (qui ne furent pas des clowns de music-hall mais bien des enseignants réels dans un monde qui ne connaissait pas encore la manne socialiste des « subsides »).

Alexandre et Maurice Minne tiennent leur savoir de maîtres chinois (appris là-bas) et de perfectionnement permanent avec les Japonais de l’époque, particulièrement Yuko Tani.

 

Le jiu-jitsu belge connaît un beau moment de gloire lorsque Victor Boin devint champion en 1907. De cette époque datent les premiers « professeurs » de la discipline, ils se nomment Giernaert, Mertens entre autres.

La guerre tristement célèbre sous le nom de « deuxième guerre mondiale » va bouleverser l’ordre existant des choses. À sa suite, un monde nouveau se crée, initié dans le domaine de l’art martial par les découvertes des uns et des autres. Koizumi a laissé des traces chez les commandos anglo-saxons, les anciens élèves de Kawaishi essaiment parmi les anciens militaires démobilisés.

Si le jiu-jitsu perdure à Bruxelles, c’est grâce encore à Maurice Minne et à ses élèves tandis que les Anversois s’entraînent avec le Hollandais Van Nieuwenhuizen.

 

Les techniques enseignées aux uns et aux autres s’apparentent au Tenshin Shinyo Ryu qui était le jiu-jitsu pratiqué par Yuko Tani et la plupart des Japonais ayant vécu un moment à Londres et enseigné au BUDOKWAI. Certains de ces « sensei », tel Koizumi, avaient déjà publié des ouvrages descriptifs à usage des Européens.

 

Le jiu-jitsu belge va donc ainsi devenir totalement belgicain puisqu’il va se scinder en trois écoles distinctes et que chacune d’elle va également soit se subdiviser soit s’enorgueillir d’être la seule et unique fédération officielle, la zwanze de Thijl Uylenspiegel et de Tchantchès nous rattrapent.

 

On va même plus loin dans l’invention des légendes, mon ami Falise aurait, dit un brave Rebecquois, été invité à un « défi » par Maurice Minne.

L’époque n’était pas à ce genre de défis et si pour gagner sa vie, plusieurs pratiquants de ce temps-là étaient catcheurs le dimanche sous les masques amusant de l’Ange blanc et autres démons, dans les dojos qui ne se nommaient encore que « salles » on était très sérieux.

 

Effectivement, Ravinet, Pianetti et Kolychkine formèrent un groupe de pratiquants plus intéressés par le judo que par le jiu-jitsu ; ils sont rejoints par l’ami carolorégien Falise.

 

Comme moi-même, André Noël ou Ernest Grosjean d’une part, les anciens de la Ligue Belge de Judo, d’autre part, pourraient raconter de nombreuses anecdotes des suites de cette rencontre, on quitte le domaine du jiu-jitsu. Ravinet s’installe judoka rue de la glacière à Saint Gilles et Falise s’installe à Marcinelle dans la banlieue de Charleroi. Avec le club bruxellois du « Trèfle » ce seront les pépinières des judokas qui se présenteront aux championnats du Monde.

 

Si le jiu-jitsu devient donc provisoirement « absent » en Wallonie pour cause de transformation pédagogique en « judo », il n’en va pas de même à Bruxelles et en région flamande.

 

À Bruxelles, plusieurs écoles existent, issues toutes de la pratique « Minne », particulièrement on retrouve au début des années cinquante les ceintures noires nommées par Minne (il fallait dix ans de pratique !) Van Itsem Pierre, les frères Schmit, Marcel Beheydt, George Leroy et Alexander Van Der Perren mais aussi quelques autres n’ayant passé que peu de temps auprès du « prof » : Jean Stas, Julien Naessens, et Léon Geirnaert.

 

Au nord du pays, le jiu-jitsu va connaître lui-aussi une disparition progressive pour les mêmes raisons pédagogiques (et de collecte de subventions). François van Haesendonck tiraillé entre judo et jutsu acceptera de participer à la fondation de la Belaja dont le judoka Tokio Hirano sera le mentor. Van Haesendonck va donc sans cesse œuvrer à la bonne collaboration entre judo et jiu-jitsu, en particulier au travers de l’International Martial Arts Federation où siégeait Minoru Mochizuki. La petite histoire nous apprend que François avait été séduit par le jeu de l’acteur américain Peter Lorre qui effectivement était un pratiquant de haut niveau connu en jiu-jitsu aux États-unis.

 

Au départ de ces différentes branches, le ju-jutsu continue à se développer en Belgique, et bon nombre d'écoles ont fleuri et prospéré en étudiant et en développant les techniques, styles et méthodes légués par ces pionniers auxquelles s’ajoutent désormais (mondialisation oblige) des variables et variations provenant de partout.

 

(On pourra trouver d’autres références et anecdotes dans Histoire du Jiu-jitsu (section belge) que je remettrai prochainement en pdf pour lecture sur la « toile ») (Histoire du Ju Jitsu – Cdécritures 347 – publié en juin 2003, épuisé)

Xian

 

09:08 Écrit par Xian (Kyoshi Nihon Jitsu) dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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