03/09/2007

Prologue à la saison 2007-2008

science humaine extrêmement vaste et je n’ai aucune illusion sur ma valeur personnelle. Je tiens à exprimer ici ma reconnaissance particulière au Maître Georges Leroy, chez qui je me suis inscrit le 8 août 1960 pour débuter un apprentissage que j’ai poursuivi avec le Maître Mochizuki Minoru et que je n’ai toujours pas terminé.

                    

Ainsi donc, au cours des chroniques de cette saison, je ferai référence plus spécialement à cette expérience chez ces deux maîtres, ce qui ne dévalorise en rien les nombreux autres pratiquants de tout niveau avec lesquels j’ai tiré sur les tatamis européens, africains, américains et nippons. Je tenterai d’expliquer le jiu-jitsu sous divers angles et je m’efforcerai de répondre sincèrement et objectivement à la question : pourquoi aucune comparaison ne peut-elle être faite avec d’autres arts martiaux ?

 

Je n’ai sans doute pas continué la pratique assidue de l’aïkido parce la passion du jiu-jitsu me dévorait mais peut-être aussi, parce que Murashige, accidenté s’était éteint, j’ai regretté le déclin du Wado ryu et que Suzuki soit de moins en moins présent dans mes environnements.

 

Comme la plupart des gens de mon âge, j’ai commencé avec le judo et étonnamment – mais c’est le sujet d’un prochain ouvrage, avec une discipline au nom assez définitif, le close-combat. Je parlerai donc en connaissance de cause de la pratique du judo, mais aussi de celle de méthodes devenues plus populaires : le karaté et l’aïkido par exemple. Il est grand temps que j’en parle, mes mentors et beaucoup de camarades m’ayant consacré des heures de dojos retournent au pays de leurs ancêtres.

  

Ainsi, je voulais raconter par ailleurs une anecdote concernant Charles Henri Dewisme (auteur de Bob Morane) mais je n’ai pu obtenir de le rencontrer récemment, pas plus que Georges Leroy, concerné par la même histoire que je voulais illustrer de deux techniques très particulières d’immobilisation de malfrat que quelques élèves seulement d’Alexandre Minne dit Ito connaissaient. Ce n’est, je le souhaite, que partie remise (et si quelque lecteur avait des photos de l’époque, elles sont les bienvenues rarissimes que l’on pourrait scanner pour en parler).

 

Charles Henri a plus de quatre-vingt dix ans, Georges Leroy plus de quatre-vingt, Minoru Mochizuki lui, s’est éteint en 2003 à Aix en France.

Minoru Mochizuki est né à Shizuoka, au Japon, en 1907, il était donc l’un de ces brontosaures rescapé d’une époque très révolue d’avant la guerre sino-japonaise. Les grades en arts martiaux qu’il détenait ne devaient rien à la fantaisie de ligues et autres fédérations étatiques ou corporatistes.

Dixième dan de jiu-jitsu durant vingt ans, il a formé à la dure un nombre impressionnant d’élèves qui avait de l’art martial une conception sinon moins humaniste du moins assez peu salonnarde au regard de ce qui se pratique beaucoup actuellement en Europe. Au-delà de ce titre, il était également réellement huitième dan de judo, huitième dan de karaté et de iaï-do. Il pratiqua avec élégance, jusqu’à un âge avancé, au plus haut niveau, l’art de la lance (dont son fils Hiroo a déduit nombre de techniques de son art martial original) et du « katana ». Il a fréquenté les « Maîtres » incontestés Jigoro Kano, Morihei Ueshiba et Hirono Othsuka.

 

En judo, il y avait eu Kawaishi, Kenshiro Abbe et Ishiro Abe, et avec eux tous les mirages de l'Orient. Minoru, lui, n'avait rien d'un mirage : haraï goshi pour vous mettre en jambe et puis le plaisir d’être projeté dans les poutres du plafond par la magie de son diabolique sacrifice en rond. Je n’ai eu aucune crainte, j’avais l’habitude d’être saisi manche et revers par un homme qui pesait le double de mon poids et me projetait lui-aussi, quelle manie ! dans les poutres supportant les tubes au néon qui éclairaient blafardement le dojo du 409.

 

De Georges Leroy, j’ai appris la devise de Goscinny sans l’avoir lue : il ne faut craindre qu’une chose, que le ciel vous tombe sur la tête. Grâce à lui, Georges, j’ai donc poussé les portes de plus de mille dojos, j’ai rencontré des ceinturés d’or et d’argent, des grosses têtes et des gros bras...

 

C’est de tout cela dont je vais vous entretenir dans les chroniques de cette saison, et des techniques et de la vie qui est la vôtre quand vous êtes un de ces fous habillé en pyjama.

 

A bientôt ...

      

Xian, Kyoshi Nihon-Jitsu.

17:51 Écrit par Xian (Kyoshi Nihon Jitsu) dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : judo, ju-jutsu |  Facebook |

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