02/06/2007

Iaï-do

L'iaï naquit en tant que technique de dégainer et de pourfendre l'adversaire en un temps le plus court possible.

C'est au milieu du XVIe siècle que des Portugais apportèrent les arquebuses que les Japonais commencèrent à utiliser au cours des guerres. Jusque là, c'était le cavalier qui jouait le rôle le plus important pendant la guerre. Mais, l'introduction du fusil diminua la valeur de son sabre très long et très courbe. A partir de cette époque, la bataille commença par des échanges de coups de fusil à distance, se continuait par l'affrontement des lignes de longues lances et se terminait par des combats d'infanterie à l'arme blanche. Puisque l'on devait se battre très près des ennemis, on eut besoin d'un sabre moins long et moins courbe pour pouvoir pourfendre et transpercer. Ainsi, le sabre japonais commença à se raccourcir. Jusqu'ici on portait le sabre long du cavalier, le tranchant vers le bas. Mais, en portant le sabre raccourci, le tranchant vers le haut, on arriva à attaquer l'adversaire en dégainant. Ce fait permit à Hayashizaki Jinsuke d'inventer des techniques d'iaï. Même si l'on était attaqué à l'improviste même en dehors des guerres, avec ces techniques on arrivait à abattre l'adversaire.

Après que la paix eut commencé à régner au Japon, ces techniques continuèrent à exister parmi des samouraïs pour leur permettre d'éviter les dangers imprévus. Et, à travers de nombreux entraînements, l'esprit de l'iaï commença à se dessiner. (Iaï veut dire « réunir son esprit à celui de l'adversaire, sans bouger», c'est-à-dire, être prêt à répondre, dans n'importe quelle situation, assis, debout..., à n'importe quelle action de l'adversaire}. Enfin, on arriva à la conclusion que la substance de l'iaï est l'esprit, non pas la rapidité apparente. Si l'on peut repousser l'adversaire par l'esprit, il n'est pas nécessaire d'attaquer vite. Même si l'adversaire attaque brusquement, avec un esprit prudent et attentif on arrive à saisir tous ses mouvements et à s'accorder à cette situation. L'iaï qui assimila cet esprit existe traditionnellement aujourd'hui en tant qu'iaï-do (voie d'iaï).

 

A l'époque de la naissance de /'iaï de Hayashizaki Jinsuke, naquirent aussi plusieurs techniques attachées aux écoles de kendo. Elles s'appelaient souvent « iaï-jutsu » ou « battô-jutsu » (technique de dégainer). L'iaï-do s'est développé indépendamment, il n'a jamais été dépendant des écoles de kendo. Tandis que le kendo est le combat avec le sabre dégainé, l'iaï est celui avec le sabre encore dans le fourreau. Donc, même si l'iaï-jutsu ou le battô-jutsu apprenait le contrôle du sabre, l'esprit de l'iaï n'appartient qu'à l'iaï-do. Au XVI/le et au XIXe siècles, il y avait au Japon des gens qui montraient les techniques du sabre en spectacle. Leur but était d'intéresser les spectateurs pour gagner de l'argent. Leurs techniques comprenaient des mouvements excessifs ou déraisonnable, dégainer de la main gauche, tourner le sabre inutilement, etc. C'est peut-être assez spectaculaire, mais ce n'est qu'un spectacle.

 

(Propos de Kenichi Yoshimura)

05:15 Écrit par Xian (Kyoshi Nihon Jitsu) dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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