09/04/2007

Stages de Pâques.

 

 

Les vacances scolaires de Pâques amènent souvent le début des « stages » offerts aux étudiants des diverses disciplines sportives et intellectuelles.

Notre jiu-jitsu n’échappe pas à la règle...

 

Les stages atteignent-ils le but recherché ou ne sont-ils que la poursuite de cours habituels ?

Les stages sont-ils profitable ou ne sont-ils que des attrape-nigauds ?

Un stage doit-il être gratuit ou payant ?

 

Il n’est pas de philosophie sans secrets de l’âme, notre discipline n’échappe pas à la règle et nous voulons faire mentir l’adage des Platoniciens qui affirment que le corps est le tombeau de l’âme. Le cursus habituel en est trop souvent incapable du fait du peu de temps que les autres activités sociales que nous avons-nous laissent. Alors donc, nous souhaitons pour cela et pour progresser mieux et plus rapidement, participer à une activité supplémentaire : le stage est une des réponses.

 

C’est même la bonne réponse dans un grand nombre de cas heureux.

 

Je me souviens de mes participations aux Flots bleus (stages de judo avec des Geesink, Pariset et autres amateurs judokas du Trèfle, du Racing et d’autres clubs qui devinrent des pépinières de champions). C’est d’ailleurs à ce moment-là que j’ai commencé à ruer dans les brancards et à comprendre les anti-doctrinaires, les anti-fédéraux, les anti n’importe quoi.

 

Je me souviens de mon premier « stage » de jiu-jitsu, autour du fabuleux technicien qui se nommait Georges Leroy, nous étions six, en religion, cinq fois quatre heures continues, sur trois jours. Je savais tout : j’étais déjà ceinture noire de judo, j’avais été moniteur de close-combat en un temps et un lieu où ne pas être sur ses gardes signifiait disparaître brutalement, j’avais pratiqué de l’aïkido à Marseille chez Zin, à Bruxelles chez Murashige, je fréquentais assidûment cette salle de Georges Leroy, mais aussi celle de Van Niewenhuyse. Au bout d’un quart d’heure sur le tatami, ce vendredi de Pâques-là, pâle et transpirant j’ai su que je ne savais rien.

 

Le « stage » ne doit pas être une sorte de camp scout ou la poursuite un peu plus active d’un cours ordinaire. Le stage ne doit pas être nécessairement donné par « un ponte » « une figure » « un champion » mais par la différence apportée en votre âme, être un moment intense de communion avec vous-même. Notre discipline est égoïste et notre progression physique et mentale absolument personnelle : le stage est le lieu privilégié pour se rendre compte de son niveau et de son désir d’accéder à autre chose.

 

Le stage doit être la découverte, chaque fois une découverte, de l’esprit de l’art martial, il doit permettre de trouver le juste chemin entre hara et ki, puissance et souffle, il doit consacrer des minutes intenses à la technique et réserver des creux émotionnels, des vides, des points de réflexion et de méditation. Le stage ne sera réussi que si vous y participez ! Ah ah ! La belle affaire, la grande découverte s’exclament certains. Ce n’est pas si simple : il ne suffit pas de s’inscrire et de payer, ni même de venir ni d’enfiler son keikogi : il faut être présent de corps et d’esprit et actif à chaque seconde. Ne pas laisser s’éteindre le feu allumé au moment de l’arrivée au dojo.

Prendre connaissance de son identité physique et de sa puissance mentale ici et maintenant est le but principal du stage.

Le stage doit donc avoir un objectif et ne pas être « un cours supplémentaire ». Doit-il être payant ? C’est évident, il faut une infrastructure et des gens qui s’en occupent, ils font un travail, ils doivent être rémunéré. Le maître de stage, vient vous offrir non seulement du temps mais aussi un savoir plus particulier, lui aussi doit être rétribué, pour ses efforts. Si l’objectif n’est pas atteint, ce n’est que de votre fait et non du leur. Bien entendu, il ne s’agit pas de s’investir auprès de charlatans ou de courir derrière un leurre, il faut s’assurer, par contacts et rencontres que le maître de stage n’est pas une belle affiche rodomontante mais un réel manager capable de vous « booster » par sa personnalité et sa manière de dynamiser les séances.

 

Le jiu-jitsu est votre passion ! Si votre dojo est fermé durant les vacances scolaires, n’hésitez pas pratiquer ailleurs, pourquoi pas lors d’un stage ... Si vous y allez avec des pratiquants de votre club SURTOUT regardez les de loin et pratiquez avec d’autres, avec de plus haut gradés, avec des plus costauds ! C’est le moment de se débarrasser de toutes les mauvaises habitudes... une dernière anecdote ?

 

Lorsque j’ai rencontré pour la première fois Minoru Mochizuki, j’avais préparé mille questions pièges ... je suis monté sur le tatami, l’assistant du Maître après m’avoir salué a saisi mes poignets, je n’ai pas pu me dégager. J’ai ravalé mes questions...

 

 

 Xian

07:14 Écrit par Xian (Kyoshi Nihon Jitsu) dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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