09/01/2007

Ardeur à l’entraînement oui, prudence oui !

Ardeur à l’entraînement oui, prudence oui !

 

L’éditorial de la petite revue Tateshi Ryu (http://edito.aiki-jutsu.be/files/33_Septembre_2006.pdf) de septembre 2006 a mis l’accent sur la notion de durée et d’infini des arts martiaux, en particulier du jiu-jitsu, par rapport aux « sports ».

NB : petite remarque technique : concernant la description du mouvement de défense contre tentative de prise de tête avec blocage de l’épaule ( à la manière de Ré-Nié ) : compte-tenu du fait que la défense se doit d’être immédiate et sans appel, celle–ci étant engagée en continu au moment du passage du bras pour engager la prise, il n’est pas nécessaire de tenter un atémi préalable, l’engagement immédiat du sutemi provoque le déséquilibre de l’agresseur et le couple chute dans la position d’un hon gesa gatame amélioré par une clé de poignet.

Le mouvement me semble avoir une simple utilité d’étude de combat et de réflexe, les positions relatives « ordinaires » permettant rarement une telle attaque. (Quoique ... mais j’en reparlerai plus tard). En ce qui concerne la finalité, le mouvement doit être considéré comme terminé à l’entraînement puisque la seule possibilité de revenir en position debout sécurisée est de malmener très réellement l’articulation de l’adversaire.

 

Ceci nous amène directement au propos de la chronique technique de ce mois de janvier ... ardeur à l’entraînement...oui, prudence oui ...

 

Et la prudence s’exerce en tous sens, d’abord en commençant une séance par un bon assouplissement corporel.

Lorsque nous nous rendons au dojo, notre intention est bien entendu de nous livrer corps et âme à notre pratique favorite, le jiu-jitsu. Le jiu-jitsu n’est pas un sport de compétition, entend-on dire alors par une bande de paresseux qui souhaite pratiquer directement des projections, des clés de bras, des mouvements enchaînés d’attaque et défense.

Qu’importent la finalité de votre présence et de votre motivation, il est indispensable de se dérouiller avant tous les cours et même entre deux cours si le temps de repos a été supérieur à dix minutes. Il n’est pas nécessaire d’avoir l’âme d’un compétiteur ou le tonus nerveux pour s’astreindre à la préparation physique préliminaire, elle est indispensable.

Dès votre entrée en action, votre corps et ses articulations vont subir leviers, torsions, chocs, il faut le préparer harmonieusement et judicieusement en travaillant chaque partie du corps. Le cours qui va suivre ou l’entraînement libre proposé va mobiliser l’entièreté de votre musculation de vos articulations, une partie mal préparée sera sollicitée à votre insu et là se situera le pépin, le claquage, le tour de reins, la petite luxation toujours moins anodine qu’il y paraît, sans compter les risques cardiaques toujours présents lors d’efforts rapides et intenses.

 

Cette préparation à l’entraînement proprement dit peut être différente selon les moniteurs et professeurs. Elle ne peut non plus être standard, elle soit tenir compte de l’âge et du sexe du pratiquant, de son rythme habituel de vie et de ses désirs de perfectionnements. La partie musculation restera intéressante pour les plus jeunes tandis qu’à un niveau plus élevé et à un âge plus respectable, il pourra s’agir de l’exécution de mouvements rythmés tels l’un ou l’autre kata. Le but ici n’est pas de devenir un athlète performant mais un pratiquant respectueux de son intégrité physique.

 

C’est le moment de se concentrer sur la respiration et de pressentir l’importance de la respiration dans la bonne exécution des mouvements.

 

Votre temps passé sur le tatami, exercices préparatoires compris vous amènera ainsi aisément et sans risque majeur à améliorer votre endurance et votre résistance.

 

Si la réussite de vos techniques passe, essentiellement, autant par la compréhension mécanique de l’ensemble du mouvement exécuté et des forces en jeu que par la volonté morale de s’abstraire de tout contexte extérieur et émotionnel intérieur, il faut aussi être physiquement capable de l’exécuter sans être gêné par une défaillance quelconque qui surviendrait du fait d’un groupe musculaire ou articulaire mal entraîné.

 

Il va de soi que ces règles sont tout aussi valables pour les autres sports « pour tous », c'est-à-dire les pratiques d’expression corporelles de plaisir et de loisir en aménageant les entraînements en fonction du type d’effort que l’on devra fournir lors de la pratique effective. Evitons le malentendu classique de confusion, le candidat compétiteur se doit de suivre un tout autre entraînement nécessité par cette course sans fin à la performance – laquelle à mon sens mène plus souvent à la destruction de l’individu qu’à son épanouissement.

 

Bonne pratique ! Cultivez l’effort ... à bon escient.

Xian

17:58 Écrit par Xian (Kyoshi Nihon Jitsu) dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jujitsu, jiujitsu, judo, art martial |  Facebook |

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