17/12/2006

Comment pratiquer (le jiu-jitsu)

La mode est ludique et aux vacances, dans quelques jours, certains quitteront les tatamis pour une, deux trois semaines. Ce n’est pas important en ce qui concerne le jiu-jitsu.

 

L’approche de la discipline peut-être différente selon le but que l’on s’est choisi voire sans but précis. Hors donc, en s’abstenant de pratiquer, on perd un peu de souplesse, on oublie quelques détails d’enchaînements, on se fragilise quelque peu moralement mais, comme le vélo ou la natation, cela va repartir dans le bon sens à l’instant même où se déchaussant, l’on reprendra pied sur le tapis de sol.

 

C’est donc peut-être un excellent instant pour parler de « comment pratiquer ».

Le comment est, n’est-ce pas évident, lié au pourquoi, à cause de quoi, qui suis-je ...

 

Plus tard viendra le dépassement de l’apprentissage.

 

La réalisation parfaite d’un mouvement, en dehors de toute recherche d’efficacité, suppose la compréhension du corps et des sensations qui le guident, qui provoquent les différentes attitudes posturales créant l’enchaînement souple et la continuité.

C’est cette compréhension qui va devenir le fil conducteur de l’étude vraie et sincère du jiu-jitsu. Cependant, comme en toute science, avant la maîtrise commence l’apprentissage. On ne pourra quitter celui-ci que lorsque l’on aura réalisé l’adéquation : je pratique parce que j’aime, je veux, je suis. L’aisance des mouvement découlera bien sûr des heures de pratique intense mais aussi de cette confiance en soi conquise et du moment merveilleux où l’on atteint le stade ou le corps va créer le mouvement en dehors de toute technique apprise, le corps va vivre par lui-même et servir d’instrument à l’esprit pour reprendre une attitude d’ordre , de paix et d’harmonie, en soi, par rapport à soi et aux autres.

 

C’est ainsi que le jiu-jitsu prête à de longs apprentissages contraires, blocage ou esquive, inspiration ou expiration, dépendant du tonus musculaire autant que de la vivacité de l’esprit. Toutes chose extrêmement compliquées pour nos frustes esprits occidentaux. Herrigel décrit très bien notre incompréhension, nos doutes et nos angoisses lorsque nous abordons une discipline « orientale ».

 

Nous y reviendrons sans doute souvent.

Comme il faudra remettre en cause de nombreuses fois nos savoirs, nos affirmations, nos vérités. Voir ce qui est, puis ne plus le voir pour simplement le savoir. Arriver à cet état de plénitude dans lequel existent les différences mais où elles n’ont plus de valeur. Arriver à commencer, arriver à débuter, enfin se dire : oui, je ne sais rien, je commence, j’apprends. J’apprends tout le temps.

 

Alors, ce commencement ? Il en existe mille abords, il est naturel en Europe, aux Amérique de le prendre par le côté physique de la chose. Ainsi donc, quelque soit l’âge, la forme, la santé, on s’astreindra à une préparation physique, elle est essentielle, il n’est pas évident que soit à la portée de chacun, de brut en blanc, de concevoir des efforts importants cardiaques, musculaires, articulaires.

 

La préparation doit être consciencieuse, les étapes ne peuvent être brûlées. Au dojo, le professeur ou son assistant veillera à ce que le pratiquant respire selon un rythme ordinaire puis qu’il assouplisse ses articulations et ses muscles. Les exercices musclant et les assouplissants seront alternés, traction et extension seront effectués de manière antagoniste. Pour ceux qui souhaitent aller au-delà du commun et faire ici un « sport  actif » voir du « sport de combat de haut niveau » l’amélioration de l’endurance et de la résistance seront une activité séparée et réservée. Elle sera plus importante en durée que celle des apprentissages basiques et des mouvements classiques du jiu-jitsu. Si pour chacun une musculation isométrique est intéressante, celui qui pratique du judo ou du karaté en vue de faire de la compétition s’astreindra à une gymnastique plus spécialisée, sans oublier le « durcissement »...

 

Comment pratiquer : poser le mental et le physique en adéquation, je citerai quelques exemples pour vous en démontrer la nécessité dans la « chronique technique » que vous retrouverez dans une dizaine jours...

 

En attendant, bousculez vos habitudes : aérez-vous !

09:22 Écrit par Xian (Kyoshi Nihon Jitsu) dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : judo |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.