06/04/2005

Quid de Pariset et de la FFJDA ?

Je ne m’emmêlerai pas dans les arcanes des dizaines ( multipliées par deux langues ) de fédérations belges sportives ou pseudo.

En France, le nombre de sociétés, associations et autres fédérations n’y est pas moindre et la tentative d’unification sous l’égide du comité olympique n’arrange rien chez les uns et les autres.

 Le sport est un reflet de la communauté dans laquelle il se pratique, tout devient plus compliqué encore lorsque les fédérateurs, les fondateurs veulent se déclasser, n’être pas sport mais discipline, philosophie, enseignement.

La liberté constitutionnelle de rassemblement, association, enseignement permet donc de créer ... un magnifique foutoir.

 

J’en ai parlé souvent, il ne me vient plus a l’esprit d’en polémiquer, laissons à Ravinet – paix à son âme, la parraineté de la fondation de la ligue belge de Judo «  à la Delforge », devenue fief de De Dekker après la grande aventure Van de Walle et Bergmans.

 

Dans l’Hexagone, les Jazarin et autres membres du cercle franco-japonais sont devenus le célèbre collège des ceintures noires, s’opposant un jour aux éminences du Kodokan, rejointes par les héros de l’époque : Henri Courtine et Bernard Pariset.

 

Si le jiu-jitsu était « confidentiel » en Belgique et s’estompait sous les avancées de la Belaja et de mouvements « sportifs » bénéficiant de sacro-saint subsides de – in illo tempore, le ministère de la vie en plain air, il avait très concrètement quasiment disparu en France où l’on se disputait sur les tatamis entre Hane goshi et sixième de hanche. La lutte pour être consacré sport et obtenir des moyens d’établissement et de diffusion se gagne haut la main par les partisans de Awazu, sous la direction efficace et sérieuse d’Henri Courtine, champion de judo et excellent manager.

On fera donc du judo.

 

Au début des années soixante-dix, le karaté montre les dents et le judo français se porte bien, Rougé, Coche et les autres le démontrent.

Dans son dojo de la rue des martyrs bien nommée, Bernard Pariset s’ennuie un peu, des écrivains martiaux annoncent la décadence et la perte de virilité, il décide de donner au judo d’alors un petit air de Bruce Lee et il invente une méthode basée sur les techniques d’atemi qui comme chacun le sait n’ont en judo rien à voir avec les techniques karaté  (et étaient enseignées au Kodokan jusqu’en 1935 à partir du deuxième dan).

 

Il faut faire revenir les adeptes, il n’est pas certain que le geste ait été compris, il faut ramener des puristes, on va appeler la méthode  Atemi Jitsu et voir à faire rentrer le cours d’auto-défense ( qui y était jusqu’en 1960 dans l’enseignement « Kawaishi ») à la ligue de Judo qui se finalise, devient par le nombre important de ses licenciés : la FFJDA que l’on connaît.

D’ukases en petits chefs, on y enseigne un judo sport de bonne valeur et l’auto-défense ne permettant pas la compétition, la discipline marasme un peu.

 

Le temps passe et le judo perd de nombreux adeptes sous les coups de butoirs cinématographiques qui se nomment en vrac penjac, taekwon, et autres wushu, la suprématie japonaise détrôneuse de chevalerie et canne française est mise épaules à terre comme un vulgaire lutteur de pancrace. Les Américains s’en détournent.

 

Eric, fils de son père reprend le bâton de pèlerin, au nom de « beau et bon judo » et va « systémiser une discipline inventée à la française et l’officialiser au sein de la fédération omnipuissante dont il fait partie, en bon inventeur commerçant, il lui donne un nom connu et pas encore déposé, labellisé, copyrightisé : le ju jutsu. Il va ensuite quitter le navire, laissant aux mains de la dite fédération une série d’enseignements que, fatalement, la fédération va « sportiver, compétiser, aménager ».

 

Voilà pourquoi les pratiquants de ju-jutsu ne s’y retrouvent pas tout à fait... ceux qui viennent pour le sport se contenteraient bien de la lutte japonaise simple, le judo, ceux qui viennent pour l’auto-défense, aimeraient qu’elle soit plus « sincère » et les pratiquants ayant découvert deci-delà l’existence d’un jiu-jitsu ancien et mystérieux ( à leurs yeux encore profanes) cherchent de bons enseignants, de bons maîtres...

Il y en a.

Il sont sans doute assez faciles à découvrir : en soi, lorsque l’on a envie de faire « la voie royale des arts martiaux » qui ne passe pas obligatoirement par le grand guignolesque, la médiatisation et heureusement aujourd’hui, pas non plus obligatoirement par les champs de bataille où l’homme passe son temps à se détruire.

 

Le jiu-jitsu, c’est la vie, l’amour de l’homme, le sens du futur.

 

Ceci est une vision simplifiée d’une chronologie aussi simple que l’écoulement du temps et mon idée personnelle de l’habituelle « lutte d’influence(s) » entre maîtres (sic) et patrons (re-sic).

On trouvera chez nos nombreux amis, ayant créés des sites et écrits des ouvrages, de multiples explications fouillées concernant la saga des « fédérations » et des « inventeurs » de méthodes.

 

 

Xian

Kyoshi Nihon Jitsu.


05:44 Écrit par Xian (Kyoshi Nihon Jitsu) | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.